Les Sciences Humaines et Sociales : un levier pour l’innovation en région (suite)

Posted by | novembre 21, 2013 | Général | No Comments

La Stratégie Régionale d’Innovation (2010-2013) fait de l’approche « usages » l’une de ses orientations stratégiques pour soutenir l’innovation en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Et de fait, cette approche est un terreau fertile pour l’innovation à la fois parce qu’elle est source d’inspiration, de créativité pour les innovateurs, et parce que sa prise en compte permet d’améliorer la réception des innovations par les marchés qu’elles visent, voire de cibler ces marchés.
Pour ces raisons, et d’autres encore, la prise en compte des usages est devenue un axe essentiel du processus d’innovation (du moins le devrait). Sinon quoi ? On risque de passer à côté de gisements de valeur majeurs, parce que tel détecteur de mouvements créé pour le maintien des personnes âgées à domicile n’aura pas vu le marché qui l’attend dans les jeux vidéo. On risque de manquer son marché, parce que le packaging de cette même technologie ne sera pas adapté à son intégration dans l’environnement domestique d’une personne âgée. Bref, parce qu’on aura pensé la technologie sans penser le social et l’humain.
Et le social et l’humain peuvent apporter bien plus à l’innovation que la seule analyse des usages, déjà porteuse d’un fort potentiel. En pensant la conduite du changement et de l’innovation au sein de l’entreprise (innovation d’organisation). En améliorant la prise en compte des facteurs humains dans les processus de fabrication (innovation de procédé). En fournissant le contenu sans lequel tel nouveau support numérique serait une coquille vide (innovation de service). En concevant une solution à tel problème de société que personne n’a encore considéré (innovation de produit ou de service). En optimisant la chaîne économique de tel produit (innovation de modèle d’affaires). En proposant une méthode plus satisfaisante pour la prise en compte de l’opinion public dans tel projet (innovation sociale). En améliorant la lecture des signaux faibles envoyés par tel banquier, tel client industriel, tel collaborateur (portage de l’innovation vers le marché).
En résumé, au-delà des aspects scientifiques et technologiques, innover passe aussi (si ce n’est surtout !) par intégrer des sciences humaines et sociales dans les processus créatifs, industriels et commerciaux : de la sociologie, de l’anthropologie, de l’économie, de la communication, des sciences cognitives, de la psychologie, des arts visuels, de l’histoire, de la démographie, du droit, …
C’est le sujet d’une étude réalisée par Méditerranée Technologies et qui a déjà fait l’objet d’un article, le 26 novembre 2012, alors que des enquêtes en ligne étaient en cours pour recueillir vos idées et expériences sur ce sujet. Les résultats de ces enquêtes ainsi qu’un résumé de la réflexion théorique conduite parallèlement, et les premières pistes de travail qui ont émergé suite à ces travaux sont disponibles au lien suivant : http://www.pacainnovation.com/uploads/media/Synthese_Etude_SHS_pour_l_innovation_en_PACA.pdf

Encore une fois, nous remercions les participants aux enquêtes en ligne et les personnes qui ont accepté d’échanger avec nous lors d’entretiens individuels.

Pour aller plus loin…
Le Centre d’Analyse Stratégique nous explique la valeur, pour l’apprentissage scolaire et l’entreprise, des Humanités (classiques) : http://www.strategie.gouv.fr/system/files/130220_-_humanites-dt-v_finaleval_le_25-02.pdf